Scaphandriers coupés d'oxygène: plainte officielle à la police

Publié le 04 novembre 2011 à 06h52

Marie-Eve Lafontaine et Vincent Gauthier(Trois-Rivières) Une plainte en bonne et due forme a finalement été déposée, en fin d’après-midi, mercredi, à la Sécurité publique de Trois-Rivières, relativement à l’incident qui a eu lieu sur le chantier de Trois-Rivières sur Saint-Laurent, le 24 octobre dernier, alors que la source d’alimentation en oxygène de deux scaphandriers avait été coupée.

L’un des deux employés de SPG Hydro International qui se trouvait sous l’eau lors de la fermeture forcée du chantier, Danny Montmarquette, fait partie des témoins ayant effectué une déposition auprès des policiers.

«On a rencontré deux personnes. On a une plainte sur laquelle on enquête actuellement», précise l’agent Michel Letarte, porte-parole de la Sécurité publique de Trois-Rivières.

Il a toutefois été impossible de connaître l’identité du second témoin rencontré ou encore d’obtenir davantage de commentaires du côté du chantier de Trois-Rivières sur Saint-Laurent.

D’ailleurs, aux abords du site, la présence des médias ne semblait pas du tout bienvenue.

En lien avec cette histoire, une plainte a également été logée à la Commission de la construction du Québec.

En tout, la CCQ a reçu un total de 170 plaintes à la suite des manifestations «spontanées» dans le monde de la construction, pour dénoncer le projet de loi 33 qui vise à abolir le placement syndical sur les chantiers.

Une quinzaine d’enquêtes, jugées prioritaires, ont été ouvertes par la CCQ et deux recommandations de poursuites pénales devaient être transmises à la Direction des poursuites criminelles et pénales, cette semaine.

Indignation

Le 24 octobre, les scaphandriers qui se trouvaient alors sous l’eau pour la réfection d’un quai s’en étaient tirés à bon compte étant donné qu’ils pouvaient compter sur une deuxième source d’oxygène. Ce sont des syndiqués, arrivés par dizaines sur place pour fermer le chantier «spontanément», qui auraient coupé l’alimentation.

Cet incident avait causé bon nombre de réactions, étant notamment qualifié de «carrément dégueulasse» par le président de la CSD-Construction, Patrick Daigneault.

Rapidement informée de l’incident en pleine commission parlementaire sur le projet de la loi 33, la ministre du Travail, Lise Thériault, avait également dénoncé vivement la situation.

«Je ne peux pas croire qu’en 2011, dans une société civilisée, on use de moyens comme ça et qu’on mette vraiment la vie des gens en danger», avait-elle alors déclaré.

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